Quatre idées reçues en politique qu’il est bon de rappeler à ceux qui sont de mauvaise foi.

 

Idée reçue  1 : Les prestations sociales plombent le déficit.

Le phénomène de non-recours massif, sert à justifier des coupes franches dans les budgets sociaux, en arguant de l’inutilité des dispositifs proposés à la population. Une manière de se dispenser de toute mesure — coûteuse — pour ramener les citoyens vers leurs droits.Or, de nombreuses études ont montré que les prestations sociales produisent un cercle vertueux des aides sociales. Les dépenses sociales d’un état contrairement à ce que disent les droitistes de tous bord ont bel et bien des fonctions positives pour les finances de l’état.Dans son article publié dans le monde diplomatique, Philippe warin, directeur de recherche au CNRS explique ce processus : « En période de crise, les prestations et les aides sociales permettent de compenser les pertes de revenus et de soutenir la demande. Elles contribuent à la création d’emplois dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Elles génèrent des dépenses privées (de salaire et de consommation), lesquelles produisent en retour de nouvelles recettes, par le biais de la cotisation et de la fiscalité… dont s’alimentent les budgets de la protection sociale. » [1]

Idée reçue 2 : la fraude aux prestations est le vrai problème.

Voici des chiffres à rappeler à ceux qui voudraient trop facilement présenter les chômeurs comme de vilains fainéants prêt à tout pour rester dans leurs lits le matin. Il y a certes des fraudes aux prestations , 4 milliards d’euro [2] mais tout ça n’est rien si on la compare aux 16 milliards d’euros qui concerne la fraude aux prélèvements[3]. On aime bien s’acharner sur les pauvres salariés mais il est bon aussi de voir que les patrons sont aussi des fraudeurs. Ainsi de nombreuses combines sont possible pour ne pas payer ses charges : le travail au noir, La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement, les sous-déclaration des heures effectivement travaillées, tout est bon pour compliquer les contrôles.[4] Sachant que la trou de la sécu devrait être de 13,4 milliards d’euros en 2014 Résoudre la fraude aux prélèvements permettrait donc de résorber immédiatement le déficit.On a plus qu’à ajouter à cela les 25 milliards d’euros d’impôts non perçus par le Trésor  et la fraude et à l’optimisation fiscale en France dont le montant serait de 60 à 80 milliards d’euros par an. Ces pratiques ne sont pas encore l’apanage des chômeurs.

Idée reçue 3  : Les pauvres ne cherchent qu’à vivre des aides sociales

Il est bon de rappeler que de nombreuses personnes n’accèdent pas aux prestations auxquelles elles ont droit : On estime à 5,7 milliards d’euros de revenu de solidarité active (RSA) non versés, 700 millions d’euros de couverture-maladie universelle complémentaire (CMU-C) et 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, etc., ne sont pas versés à ceux qui devraient les toucher.

Idée reçue 4 : Le poids de l’immigration pèse sur les finances publiques

On entend souvent les droitistes dire que l’immigration est un poids pour le budget de l’état. Une étude réalisée par Xavier Chojnicki, chargé de recherche au CEPII de Lille 2 démontre que « la contribution nette globale de l’immigration au budget des administrations publiques serait positive et de l’ordre de 3,9 milliards d’euros pour l’année 2005 »[5] En ce basant sur une estimation du vieillissement de la population .«  stopper l’immigration revient à appliquer un choc démographique négatif qui affecte sensiblement la population active, et donc le facteur travail. (…) la variante sans immigration aboutirait à un accroissement de ces dépenses de 1,1 point de PIB en 2060 et se traduirait par une augmentation mécanique, pratiquement du même montant, du besoin de financement. » [6]«  une politique migratoire plus ambitieuse permettrait de réduire le fardeau fiscal du vieillissement en 2060 d’un peu plus de 30 % indépendamment du degré de sélectivité de la politique migratoire. Ce qui n’est pas négligeable mais reste relativement modéré lorsque l’on compare ces résultats avec les transformations démographiques qu’impliquent ces flux migratoires. D’autant plus, qu’à très long terme (à l’horizon 2100), ces gains disparaissent en grande partie, phénomène par ailleurs accru par une politique migratoire sélective. »

[1] http://www.monde-diplomatique.fr/2013/07/WARIN/49351

[2] Philippe Warin: Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cofondateur de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), qui a signé collectivement l’ouvrage L’Envers de la « fraude sociale ». Le scandale du non-recours aux droits sociaux, La Découverte, Paris, 2012.

[3] Rapport de la cour des comptes sur la fraude à la cotisation https://www.ccomptes.fr/content/download/73459/1911669/version/1/file/rapport_securite_sociale_lutte_fraudes_cotisations.pdf

[4] voir à ce sujet : http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/16/alerte-a-la-fraude-aux-cotisations-sociales_4488438_823448.html

[5] Article de Xavier Chojnicki : P. 45 Des bénéfices et des coûts de l’immigration : les perspectives macroéconomiques d’une politique d’immigration active en France.

http://www.mshs.univ-poitiers.fr/migrinter/e-migrinter/201412/e-migrinter2014_12_tout.pdf

[6] art. cit p.50

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