Le trading à haute fréquence : Quand les robots prennent le pouvoir.

un beau paysage présentant des montagnes et des gouffres financiers. flash crash dans l’Euro Stoxx Bank

Il nous semble important de lever le voile sur cette évolution des pratiques financières qu’est le trading à haute fréquence. Cette innovation  n’est pas qu’une petite histoire technologique de banquier mais qui implique l’ensemble des citoyens. Nous allons donc tenter de savoir ce qu’est cette finance technologique qui semble venir tout droit d’un film de science fiction. Défini par le chercheur Marc lenglet [1] comme désignant «  un nouveau mode de négociation sur les marchés financiers dont la caractéristique principale est de permettre une très grande rapidité́ des transactions grâce à un recours à des technologies informatiques puissantes ».  [2]

Ce type de pratique est bel et bien inhumain dans le sens où son univers n’est pas le notre. Les traders haute fréquence raisonnent au millionième de seconde, à la vitesse de la lumière. Il s’agit d’ordres de Bourse passés automatiquement par des ordinateurs pour profiter à chaque fraction de seconde d’un écart de taux favorable. Les ordinateurs mettent en œuvres des algorithmes et produisent une multitudes de micro marges qui en raison des sommes mises en jeux finissent par être très lucratives. Le trading à haute fréquence n’est toujours pas réglementé or il représente d’après Jean Michel Naulot , Ancien membre de l’autorité des marchés financiers, [3]la moitié des transactions sur le marché des actions et constitue un risque de déstabilisation du système majeur.   La part des échanges produit par des algoritmes (70% marchés nord américains et européen 50%) mais on a pas de source officielle. D’après Marc Lenglet on peut dire que l’essentiel des marchés actions sont pris en charges par des algorithmes. Ces algorithmes, produits par des mathématiciens, des physiciens, produisent un volume de donnée qui est difficile d’interpréter par des êtres humains. On voit bien là la monstruosité de la bête. Aujourd’hui les trois quart des ordres, des constructions de valeurs sont réalisés par des robots qui battissent un monde que l’être humain est incapable de comprendre. On ne peut l’analyser ces transactions qu’a posteriori. Ce type d’opérations impliquant des investissements de départ très importants sont réservés à deux types de sociétés : des grandes banques d’ investissement (Goldman Sachs, Citigroup, UBS, etc.) et des fonds spécialisés sur ce marché de niche .

Ces sociétés génèrent des montants de plusieurs centaines de millions de dollars. Des sociétés faisant depuis longtemps la promotion du trading haute fréquence, telle Renaissance Technologies Corp., ont pu ainsi, dans le contexte de crise de l’année 2008, générer jusqu’à 2,5 milliards de dollars de profits. [4] Cette curieuse organisation ce base sur l’idée qu’il faut organiser une compétition entre les marchés et que cette multiplicité de prix produira une juste valeur en augmentant le degré d’efficience des marchés. Depuis la libéralisation des marchés opérée durant les années 2000, on assiste à une multiplication des systèmes multilatéraux de négociations. Face à cette multiplicité de jugement, la nature humaine n’est plus capable de comprendre quelque chose et seul de puissants algorithmes sont en mesure de connaître les différents prix . L’algorithme en plus de former et fixer les cours des actions peut maintenant les négocier à la vitesse de la lumière. Mais tout porte à croire que les traders en utilisant des technologie inhumaine construisent des systèmes incompréhensibles au détriment des autres participants (au premier rang desquels les investisseurs institutionnels et les particuliers).

Une supériorité informationnelle des traders haute fréquence.

Marc Lenglet explique qu’il se crée une pratique de rente produisant un énorme différence de statut entre ceux qui ont les moyens technologiques et les autres : «  L’ asymétrie d’ information entre participants se trouve de fait aggravée, voire transformée en rente informationnelle, une rente par ailleurs favorisée par les offres de colocation aujourd’hui proposées par certains marchés (la colocation consistant à rapprocher les serveurs du participant de ceux du marché, afin de réduire les temps de latence entre les deux systèmes, et d’augmenter la rapidité d’envoi des instructions au marché) » Ainsi , même dans le monde des traders, les inégalités augmentent !

Deplus, des chercheurs américains ont révélé que le système de collecte de la Securities and Exchange Commission ou « SEC »   vend ses données en avant-première à une vingtaine de sociétés d’informations qui les répercutent ensuite à leurs clients traders et investisseurs.[5]les principaux utilisateurs sont les THF (trader haute fréquence). La vente est légale mais suscite une grande controverse. Pour cause, dans un cas sur deux, les THF bénéficient de ces informations sensibles avant qu’elles ne soient rendus publiques sur le site de la SEC, avec un délai de l’ordre de 10 secondes. Autant dire une éternité pour les traders haute fréquence, qui raisonnent au millionième de secondes. Cela leur permet d’analyser très vite les données de la SEC et d’agir en conséquence (acheter ou vendre une action). Entre la vitesse de la lumière des THF et les éventuels régulateurs censés surveiller et contrôler il y a un abîme technologique.

Vers un monde sans homme impossible à réguler:

On assiste à l’éviction rampante du trader humain et cela risque selon Marc Lenglet de « conduire à une baisse de la liquidité du marché et, partant, des gains pour la collectivité (…). Les échelles du temps et de l’espace accèdent ici à une nouvelle expression, qui reste inaccessible à l’être humain : cet état de fait ouvre la question de la régulation des systèmes accueillant ce nouveau mode de négociation. ». Plus personne ne sera en mesure de contrôler un système qui se joue dans des mondes aussi mystérieux. Il y a un risque de crack systémique car les banques mises d’énormes sommes. Seul les grosses sociétés sont à mêmes de jouer le jeux et elles ont la La faculté de manipuler les cours .

Un monde déconnecté de toute réalité : la finance pour la finance.

Aujourd’hui, Les robots construisent des ordres d’achats ( cotations) complètement dématérialisé et donc déconnecté de toute réalité. Le système de marchés s’est constitué en lui même et pour lui même. Une sorte d’art pour l’art mais qui contrairement à l’art à des implications sur le monde réel. Ainsi les algorithmes ne finalisent pas dans une transaction les cotations. Pour bien comprendre le stratagème mis en œuvre Il faut distinguer une cotation et une transaction. Dans le marché du New York stock exange par exemple, 22 millions de cotations par jour sont produites par les algorithmes maos pour obtenir une transaction il faut 1200 cotations, les ordres sont donc passés mais pas exécutés. Il se crée un processus de constitution du prix et une fabrication des marchés. Il y a derrière tout ça une intention sous jacente de construire des prix de façon artificiel. 5 à 6% des cotations donne lieu à des transactions, ce bruit déstabilise les algorithmes, ils doivent analyser des cotations qui ne serviront à rien, il y a alors des stratégies tactiques pour perturber les autres robots.

Est ce que tout cela sert l’économie réelle ou au moins est ce que cela produit de la liquidité ? Il semble que cela produit surtout une perte de signification dans les structures même de la finance. Il n’y a plus qu’un bruit produit au sein de faux échanges destinés à manipuler les cours. Un jeu qui se situe au niveau microscopique et inhumain du caclul technologique. Cela produit surtout des cracks boursiers qui ont une résonnance sur le monde réel . C’est donc un sujet politique. Jusque où  laisserons nous le monde financier se couper du monde réel tout en le dominant et le manipulant.

[1] Marc lenglet « Le trading haute fréquence : une innovation dangereuse ? », in Comprendre les marchés financiers, Cahiers français n°361 P. Marc Lenglet dirige le département Management, stratégie, systèmes de l’European Buisiness School de Paris, où il enseigne également. Il est l’auteur de plusieurs travaux sur le trading à haute fréquence, notamment dans Comprendre les marchés financiers paru à La Documentation française.

[2] définition de la commission européenne « des technologies sophistiquées pour essayer d’ interpréter les signaux envoyés par le marché et, en réponse, exécuter des stratégies impliquant des transactions automatisées sur des volumes importants […] dans des horizons temporels extrêmement réduits » CE (2010), Review of the Markets in Financial Instruments Directive (MiFID), 8 décembre, p. 14, n. 37, traduction de marc lenglet art. cit.

[3] Interview Jean Michel Naulot, France Info.

http://www.franceinfo.fr/emission/l-interview-eco/2014-2015/jean-michel-naulot-une-nouvelle-crise-financiere-nous-pend-au-nez-11-11-2014-18-45

[4] Cf. Aldridge I. (2010), High-Frequency Trading. A Practical Guide to Algorithmic Strategies and Trading Systems, Hoboken, New Jersey, John Wiley & Sons, Inc., p. 1.

[5] Jonathan L. Rogers , Run EDGAR Run: SEC Dissemination in a High-Frequency World

http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2513350

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Quatre idées reçues en politique qu’il est bon de rappeler à ceux qui sont de mauvaise foi.

 

Idée reçue  1 : Les prestations sociales plombent le déficit.

Le phénomène de non-recours massif, sert à justifier des coupes franches dans les budgets sociaux, en arguant de l’inutilité des dispositifs proposés à la population. Une manière de se dispenser de toute mesure — coûteuse — pour ramener les citoyens vers leurs droits.Or, de nombreuses études ont montré que les prestations sociales produisent un cercle vertueux des aides sociales. Les dépenses sociales d’un état contrairement à ce que disent les droitistes de tous bord ont bel et bien des fonctions positives pour les finances de l’état.Dans son article publié dans le monde diplomatique, Philippe warin, directeur de recherche au CNRS explique ce processus : « En période de crise, les prestations et les aides sociales permettent de compenser les pertes de revenus et de soutenir la demande. Elles contribuent à la création d’emplois dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Elles génèrent des dépenses privées (de salaire et de consommation), lesquelles produisent en retour de nouvelles recettes, par le biais de la cotisation et de la fiscalité… dont s’alimentent les budgets de la protection sociale. » [1]

Idée reçue 2 : la fraude aux prestations est le vrai problème.

Voici des chiffres à rappeler à ceux qui voudraient trop facilement présenter les chômeurs comme de vilains fainéants prêt à tout pour rester dans leurs lits le matin. Il y a certes des fraudes aux prestations , 4 milliards d’euro [2] mais tout ça n’est rien si on la compare aux 16 milliards d’euros qui concerne la fraude aux prélèvements[3]. On aime bien s’acharner sur les pauvres salariés mais il est bon aussi de voir que les patrons sont aussi des fraudeurs. Ainsi de nombreuses combines sont possible pour ne pas payer ses charges : le travail au noir, La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement, les sous-déclaration des heures effectivement travaillées, tout est bon pour compliquer les contrôles.[4] Sachant que la trou de la sécu devrait être de 13,4 milliards d’euros en 2014 Résoudre la fraude aux prélèvements permettrait donc de résorber immédiatement le déficit.On a plus qu’à ajouter à cela les 25 milliards d’euros d’impôts non perçus par le Trésor  et la fraude et à l’optimisation fiscale en France dont le montant serait de 60 à 80 milliards d’euros par an. Ces pratiques ne sont pas encore l’apanage des chômeurs.

Idée reçue 3  : Les pauvres ne cherchent qu’à vivre des aides sociales

Il est bon de rappeler que de nombreuses personnes n’accèdent pas aux prestations auxquelles elles ont droit : On estime à 5,7 milliards d’euros de revenu de solidarité active (RSA) non versés, 700 millions d’euros de couverture-maladie universelle complémentaire (CMU-C) et 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, etc., ne sont pas versés à ceux qui devraient les toucher.

Idée reçue 4 : Le poids de l’immigration pèse sur les finances publiques

On entend souvent les droitistes dire que l’immigration est un poids pour le budget de l’état. Une étude réalisée par Xavier Chojnicki, chargé de recherche au CEPII de Lille 2 démontre que « la contribution nette globale de l’immigration au budget des administrations publiques serait positive et de l’ordre de 3,9 milliards d’euros pour l’année 2005 »[5] En ce basant sur une estimation du vieillissement de la population .«  stopper l’immigration revient à appliquer un choc démographique négatif qui affecte sensiblement la population active, et donc le facteur travail. (…) la variante sans immigration aboutirait à un accroissement de ces dépenses de 1,1 point de PIB en 2060 et se traduirait par une augmentation mécanique, pratiquement du même montant, du besoin de financement. » [6]«  une politique migratoire plus ambitieuse permettrait de réduire le fardeau fiscal du vieillissement en 2060 d’un peu plus de 30 % indépendamment du degré de sélectivité de la politique migratoire. Ce qui n’est pas négligeable mais reste relativement modéré lorsque l’on compare ces résultats avec les transformations démographiques qu’impliquent ces flux migratoires. D’autant plus, qu’à très long terme (à l’horizon 2100), ces gains disparaissent en grande partie, phénomène par ailleurs accru par une politique migratoire sélective. »

[1] http://www.monde-diplomatique.fr/2013/07/WARIN/49351

[2] Philippe Warin: Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cofondateur de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), qui a signé collectivement l’ouvrage L’Envers de la « fraude sociale ». Le scandale du non-recours aux droits sociaux, La Découverte, Paris, 2012.

[3] Rapport de la cour des comptes sur la fraude à la cotisation https://www.ccomptes.fr/content/download/73459/1911669/version/1/file/rapport_securite_sociale_lutte_fraudes_cotisations.pdf

[4] voir à ce sujet : http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/16/alerte-a-la-fraude-aux-cotisations-sociales_4488438_823448.html

[5] Article de Xavier Chojnicki : P. 45 Des bénéfices et des coûts de l’immigration : les perspectives macroéconomiques d’une politique d’immigration active en France.

http://www.mshs.univ-poitiers.fr/migrinter/e-migrinter/201412/e-migrinter2014_12_tout.pdf

[6] art. cit p.50

Top 10 des idées les plus dangereuses du FN : Analyse critique du programme.

Pour critiquer un parti il est nécessaire de s’atteler à une tâche qui n’est pas forcément la plus agréable : Lire son programme. Il nous a fallu nous lancer dans cette exploration d’un monde incertain où toute les formes ont été mises pour ne pas se montrer trop réellement nauséabondes mais il émerge de l’iceberg des idées tout à fait dérangeantes à nos yeux. Le programme du FN cherche à être présentable, comme un loup déguisé en agneau. Sa stratégie est redoutablement efficace : voler l’électorat de la gauche en proposant des idées anti-libérale, (voire anti capitaliste) , se réclamer de Maurice allais. Il y a parfois des passages qui rappellent directement les propositions des plus virulents hétérodoxes. D’autre part et surtout;  proposer un discours stigmatisant systématiquement les minorités et les immigrés.

1. L’autorité de l’état :

Le programme du Fn commence dès la première page par Autorité de l’état. Tout ça fait froid dans le dos. Cela ne peut que rappeler de vieux souvenirs tout droits sortis de nos manuels d’histoires. La première page, les premiers mots sont directement liés à un discours autoritaire et militaire. Il y a une glorification des anciens combattants et de facto de l’armée et des forces militaires. Le Fn va donc réarmer la France pour se battre mais contre qui ?

« Organiser une Garde Nationale de 50.000 réservistes hommes et femmes, sur l’ensemble du territoire (Outre-Mer compris) et mobilisable dans un bref délai. » p.3

Les organes de répression de l’Etat français sous Vichy

2. Réaffirmer les forces de l’état et recentrer le pouvoir aux mains de Marine Le pen.

Le programme propose une réaffirmation des forces de l’état. Le pouvoir sera donc centralisé. La critique de la décentralisation est claire. Les décisions de Marine Le Pen devront être facilement exécutables. Le programme critique les pouvoirs régionaux qui pourraient exercer une force d’opposition et limiter les stratégies inventées par cette dernière.

3. Un discours anti région (féodalité locales)

Les régions sont appelés de manière très populiste « féodalité locale » . Une manière de de mettre toutes les régions dans le même panier et de stigmatiser l’ensemble des politiques territoriales. Ainsi le FN propose une « Baisse de 2% des dotations de l’Etat aux conseils généraux et conseils régionaux. Celles-ci produisent selon le parti un « démantèlement de la puissance publique ». Au final, Mme Le Pen rêve d’une France unifiée qu’elle pourrait gouverner sans aucune collectivité locale pour la critiquer. La fin du pouvoir des régions : une centralisation

« La clause de compétence générale à l’origine de toutes les dérives féodales cessera de s’appliquer aux collectivités territoriales qui verront leurs compétences précisément définies et limitées par la loi » P. 102

4. Rétablissement de la peine de mort

Avis de condamnation à mort de résistants, avril 1941

« Rétablissement de la peine de mort ou instauration de la réclusion criminelle à perpétuité réelleL’alternative entre ces deux possibilités pour renforcer notre arsenal pénal, sera proposée aux Français par référendum. La réclusion à perpétuité aurait un caractère définitif et irréversible, le criminel se trou- verait sans possibilité de sortir un jour de prison. » P19

5. L’immigration : un discours stigmatisant qui amalgame l’islam au terrorisme

l’ immigration est comme d’habitude associée à un profond danger et à tous les problèmes de notre société. Dès qu’il s’agit de parler d’insécurité on évoque comme par magie le « problème » de l’islam. L’association d’idée est systématique, ainsi dans la première proposition du chapitre sur la sécurité est : « Stopper les flux migratoires vers la France

La carte de l’insécurité recoupe largement celle de l’immigration » p.18

« L’immigration est pourtant une source de coûts très importants ;

elle est utilisée par le grand patronat pour peser à la baisse sur les salaires et déstabilise en profondeur notre société́ et ses équilibres. »P106

« Tous les baux emphytéotiques et autres facilités accordés à des cultes en contradiction avec la loi du 9 décembre 1905 seront désormais interdits. Les fidèles devront construire leurs lieux de culte avec leur propre argent, quelle que soit la religion concernée. Afin de limiter toute infiltration d’une idéologie politico-religieuse, il ne sera pas possible non plus de faire appel à de l’argent provenant de l’étranger. »

P 74

Le poids de l’immigration dans la crise du logement

« La crise du logement que subissent actuellement les Français résulte de trois causes principales. La pre- mière d’entre elles, toujours ignorée par les pouvoirs publics, réside dans l’explosion de l’immigration : une immigration légale d’environ 200 000 individus par an, à laquelle vient se joindre une immigration illégale en augmentation. Cette immigration a un impact fort sur la gestion difficile du logement social, d’autant qu’on assiste parfois à une véritable « préférence étrangère » dans l’attribution des logements sociaux. »

En ce qui concerne la santé, les étrangers sont systématiquement vu comme des profiteurs et présentés comme la cause du déficit de la sécu.

 « La lutte en amont contre la production de papiers d’identité frauduleux (aujourd’hui abondante du fait de la faible sécurisation des documents administratifs à produire) permettra également d’éviter que des clandestins n’obtiennent de faux papiers leur ouvrant illégitimement droit à la sécurité sociale, et que des immigrés légaux ne multiplient leurs papiers d’identité afin de bénéficier plusieurs fois des mêmes prestations sociales. » P.45

  • Instaurer un délai de carence d’un an de résidence continue en France et de cotisation avant de béné- ficier de tous les avantages de la Sécurité sociale.
  • Supprimer l’AME (aide médicale d’Etat) réservée aux migrants clandestins.
  • Créer un observatoire des droits sociaux des étrangers et de l’usage des conventions bilatérales desoins.

6. Recherche

Les chercheurs fainéants qui embêtent le FN en proposant des analyses objectives qui ne vont pas dans le sens des thèses du parti n’auront qu’à bien se tenir. Ils ont intérêt à publier car sinon ils

« Les chercheurs de l’Université n’ayant rien publié pendant une période à déterminer selon les disciplines se verront proposés, sauf cas exceptionnel, une reconversion professionnelle vers les filières administra- tives, d’enseignement, ou de valorisation de la recherche. »

p.43

7. Priorité au français

Des lois de préférence nationale seront instaurées. On ne peut s’empêcher de penser avec émotion aux lois qui interdisaient aux juifs d’exercer certains métiers des fonctions publiques. Peut être faudra-il être sûre que ses ancêtres étaient absolument français .

« Plus généralement, les entreprises se verront inciter à prioriser l’emploi, à compétences égales, des personnes ayant la nationalité française. Afin d’inciter les entreprises à respecter cette pratique de priorité nationale, une loi contraindra Pôle Emploi à proposer, toujours à compétences égales, les emplois disponibles aux demandeurs d’emploi français. Les administrations respecteront également ce principe, et la liste des emplois dits « de souveraineté » sera élargie, notamment dans les secteurs régaliens où les professions seront réservées aux personnes ayant la nationalité française. » P.67

8. S’attaquer aux syndicats

Les syndicats gauchistes et fauteurs de troubles seront attaqués. De toute façon, ils ne représentent pas les salariés et ne défendent pas leurs intérêts. Il n’ont « aucune légitimité ». Le FN proposerait-il l’instauration de syndicat d’état d’inspiration chinoise?

« Une grande réforme des syndicats sera mise en œuvre avec comme objectif principal d’assurer une meilleure représention des salariés. Le monopole de représentativité institué après la Libération sera supprimé, et les modalités d’élections des représentants des salariés seront revues. Des syndicats plus représentatifs travailleront mieux à la réelle défense des intérêts des salariés : ils seront en effet plus à même d’entrer dans des logiques de concertation constructives et moins tentés de recourir à un rapport de forces (grève, manifestation) pour pallier leur manque de légitimité. » P67

source:

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/10/mais-ou-sont-passes-les-syndicats

9. Un Axe avec la Russie ?

Une alliance avec la Russie. Dans le contexte actuel où la Russie de Poutine consolide sa présence militaire à la frontière Ukrainienne, continue à vendre des armes à la Syrie, pourchasse les homosexuels, on se demande quelle idée de la démocratie le FN cherche à défendre. Toujours est-il que ce parti affiche clairement sa préférence : entre Poutine ou Obama son cœur balance. A priori, on croit savoir à l’avance la réponse du gouvernement Allemand.

« Conjointement, la proposition faite à l’Allemagne de s’associer pour former une alliance trilatérale Paris-Berlin-Moscou. » p.51

10. La crédibilité de la puissance au service de ce programme.

En politique étrangère, le FN veut montrer sa puissance. Pour cela, deux moyens sont à sa disposition l’outil diplomatique et l’outil militaire. La France saura se montrer viril quand il le faudra. L’outil militaire est là pour faire peur à celui qui contestera sa puissance.

« Cette grande politique mondiale de la France ne sera possible que par la restauration de notre puissance économique et par la restauration de notre crédibilité de puissance. La crédibilité de puissance repose sur deux outils, l’outil diplomatique et l’outil militaire. » P52

Trois solutions concrètement faisables qui permettraient de changer le monde.

  • 1) Taxer les milliardaires :

Dans un rapport publié le 30 octobre 2014, Oxfam propose de taxer la fortunes des 1645 milliardaires du monde à hauteur de 1,5%  à partir du deuxième milliards. Cela  pourrait rapporter 58 milliards de dollars. Une somme qui suffirait à combler les déficits annuels de financement nécessaires pour scolariser tous les enfants et fournir une couverture santé universelle dans les 49 pays les plus pauvres.  [1] Les milliardaires pourraient s’offusquer d’une telle mesure. On les entend déjà s’indigner  » comment pouvez vous me prendre mon argent si durement gagné! ». Il faudra leur répondre que personne ne touchera à leur premier milliards et qu’avec ça ils pourront boucler leurs fins de mois difficiles.

  • 2) Lutter contre l’évasion fiscale  :

En France, l’écasion fiscale est évalué à près de 50 milliards d’euros. Soit de quoi comblé plus de la moitié du déficit budgétaire (Le déficit budgétaire de 2012 a été de 87,2 milliards d’euros) . Le 29 octobre, lors du Forum mondial sur la transparence et l’échange d’informations à Berlin, de nouvelles avancées majeures ont donnéun coup d’accélérateur à la coopération internationale au service de la lutte contre la fraude fiscale. [2]Les gouvernements se sont engagés à mettre en œuvre l’échange automatique de renseignements à partir de 2017. Le seul problème c’est que dans ce type d’affaire ceux qui ne jouent pas le jeu  de la transparence deviennent très attractifs. Ainsi Une menace jugée « faible » par certains experts de la fraude fiscale, comme Andres Knobel du Tax Justice Network. La loi américaine Fatca, entrée en vigueur en 2014, prévoit elle de taxer les banques rétives à la source, en retenant 30% de leurs revenus réalisés aux Etats-Unis.   A quand un Fatca européen ?  [3

3) Lutter contre le coût du capital :

Dans un article paru dans le monde diplomatique en juillet 2013, L’économiste Laurent Cordonnier mettait en lumière les freins réels qui assomment  les entreprises. Non ce ne sont pas que les charges et les cotisations qui empêchent les entreprises d’avancer mais c’est surtout le coût du capital. L’économiste rappelle que la part de la finance est un frein à l’embauche : « on peut dire que l’explosion du surcoût du capital au cours des trente dernières années est la conséquence directe de l’élévation de la norme financière imposée aux entreprises avec l’aide de leurs dirigeants, dont les intérêts ont été correctement alignés sur ceux des actionnaires. Pour passer des exigences de retours sur fonds propres de l’ordre de 15 % par an au surcoût du capital, il suffit en quelque sorte de rectifier la mesure. De telles exigences correspondent en pratique à un surcoût imposé à tout projet d’investissement de l’ordre de 50 à 70 %. ». Cette étude menée par le laboratoire Lillois CLERSE montre que le coût des intérêts, (cet argent scriptural qui n’existe pas ) et l’argent remis aux actionnaires est directement lié aux profits dont les entreprises n’ont plus besoin. Celles-ci sont contraintes de limiter  leurs projets d’investissement à la frange susceptible d’être la plus rentable. Ainsi seules les actions   qui rapportent entre 15 % et 30 % par an sont mises en œuvre.  L’étude de Laurent Cordonnier permet d’envisager sérieusement une possibilité non négligeable de création d’emploi  si toute les idées avortées, parce qu’elles n’auraient rapporté qu’entre 0 et 15 % avaient pu voir le jour.  L’idée d’un système socialisé du crédit permettant des taux pratiquement nul ou qui reviendrait à l’état proposée par l’économiste Frédéric Lordon pourrait être un bon soutien à la création d’emploi. [4] Cette idée implique un passage douloureux par un défaut de paiement de la dette,  une nationalisation et ensuite la mise en place d’un système socialisé de crédit. Il semble que ce ne soit pas encore concrètement faisable mais en tout cas cela reste l’une de nos meilleurs propositions pour sortir de la souffrance actuelle.

[1] Rapport d’oxfam sur les inégalité P. 19

http://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/a_egalite_-_il_est_temps_de_mettre_fin_aux_inegalites_extremes_-_rapport_oxfam.pdf

[2] http://www.oecd.org/fr/presse/de-nouvelles-avancees-majeures-donnent-un-coup-daccelerateur-a-la-cooperation-internationale-au-service-de-la-lutte-contre-la-fraude-fiscale.htm

[3] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/10/banques-l-europe-moins-stricte-que-les-etats-unis_3528727_3234.html

[4] http://blog.mondediplo.net/2009-01-05-Pour-un-systeme-socialise-du-credit

Comment faire comprendre aux électeurs du FN qu’ils se sont trompés : partie 1

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Le FN a établi son programme en spoliant des pans entiers de propositions qui sont à l’origine des conception radicalement ancrées à Gauche et qui n’ont rien à voir avec l’idéologie historique du parti d’extrême droite. Bien que le racisme, la xénophobie soit l’une des forces motrices de ce parti on peut faire un point sur les arguments à donner permettant de faire comprendre aux électeurs du FN que les notions de protectionnisme, de souveraineté et que seuls les parties de gauche répondront à leurs demandes. 

 Dans son article « Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas » publié dans son blog en juillet 2013 [1], l’économiste Frédéric Lordon nous rappelait les concepts qui ont été abandonnés à l’extrême droite alors qu’ils appartiennent décemment à une pensée de gauche. Souveraineté, protectionnisme, dé mondialisation, populaire :   Ces concepts ont tellement marqué les discours du FN que l’on ose à peine les utiliser sans rougir. Aujourd’hui le FN est l’un des rares parti à afficher des réserves concernant l’Europe et que cet absence dans le débat politique de gauche peut expliquer ce transfert massif qui s’est opéré en particulier dans le nord de la France. Nous proposerons donc de refaire un point sur ce que la gauche peut proposer à ses électeurs pour les ramener dans le « giron familiale » (cela concerne les traditions familiales PCF) . Faire ce travail consiste aussi à reprendre au Fn ce qu’il nous a volé. Voici notre premier article sur des notions que la pensée de gauche doit réinvestir , il nous semble,  pour ne pas se laisser abattre.

Sur Le Protectionnisme

Le protectionnisme est une idée qui peut faire peur. Elle implique l’idée d’un repli national. Cette idée évoque une France repliée sur elle même telle une Coré du Nord. Mais on peut se demander si réaliser une entrave au libre-échange dérégulé par les différents traités ( Maastricht, et maintenant TAFTA) n’est pas une mesure qui permettrait de sortir du cercle vicieux proposés dans deux nombreux pays par des instances supranationales telles que l’OMC et le FMI. Le documentaire diffusé mardi 21 octobre sur arte « capitalisme » montrait comment les pays fragilisés par des dettes étaient souvent victimes de ces institutions qui agissaient comme de faux-amis. Comme dans de nombreux pays en voie de développement le FMI accordait des prêts en échange d’une ouverture des marchés. Les conséquences d’un arrivage massif de biens américains subventionnés pour les agriculteurs locaux ont été désastreuses. Jacques Berthelot conclue que dans les accords le CETA « l’UE n’a pas eu le moindre souci de sauvegarder un minimum de souveraineté alimentaire. ».[2] Le protectionnisme n’est donc pas un vilain mot quand il s’agit de protéger un pays d’une dérégulation systématique permettant de déconstruire des régulations qui sont souvent construite pour protéger les citoyens. En ce qui concerne TAFTA et l’accord avec les états unis.  les USA pratique le protectionnisme en réservant 25% des marchés publics aux PME américaines. La législation Buy American qui constitue une préférence nationale explicitement citée dans le mandat de négociation du TAFTA. Comme le rappelle Raoul Marc Jennar dans son commentaire du mandat de négociation[3] : «  on peut se demander si La Constitution des USA ne va-t-elle pas permettre aux 50 Etats des Etats-Unis de se soustraire aux obligations de l’Accord alors que les 28 Etats membres de l’UE y seront soumis ? ». Ces doutes sont d’autant plus judicieux quand on voit à quel point l’accord de libre-échange USA-Corée du Sud est ouvertement bafoué par l’Administration Obama (conflit Samsung-Apple).

On peut se demander si le protectionnisme n’est pas un socle sur lequel s’appuie n’importe quel puissance souveraine qui cherche à protéger ses intérêts. Dans ces conditions on peut se demander comment on pourrait dans le cadre de négociations européennes opaques du TAFTA comment protéger des intérêts souverains . Encore faudrait il que nos représentants ne soient n’est pas les idées encrassées par des conceptions européennes néo-libérales qui considères que toutes régulations souveraines et protectionnistes est une aberrations. Laissant ce type de réflexion dans les bas fonds des provinces. Le FN se réjouit de pouvoir s’accaparer la réflexion eurosceptique et protectionniste. Mais il ne faut pas oublier que des économistes tout à fait crédibles (quoique hétérodoxes) tels que Fréderic Lordon , Jacques Berthelot ou Laurent Cordonnier mettent en doute le manque de protection que peut construire la France au sein des accords européens. ( Et ce n’est pas être raciste que de dire cela !)

[1] http://blog.mondediplo.net/2013-07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas

[2]http://www.solidarite.asso.fr/IMG/pdf/Commentaires_sur_les_aspects_tarifaires_agricoles_du_CETA_28_septembre_2014.pdf   P 13.

[3] http://www.jennar.fr/?p=3143

Pourquoi la France ne partage pas les mêmes valeurs que les états unis. 10 bonnes raisons de ne pas signer TAFTA

Le mandat de négociation rédigé par le conseil des ministres européens pour le grand marché transatlantique met en avant les valeurs communes que partagent les USA Et l’union Européenne , donc a fortiori les valeurs que la France partage naturellement. On peut se demander quels sont réellement les valeurs partagés par nos deux pays. Sans vouloir pratiquer un anti américanisme primaire, il nous semble toutefois nécessaire à l’heure où un accord de libre échange est en train de se négocier de bien comprendre les différences entre nos deux traditions politiques. Les états unis n’ont eu de cesse de refuser toute convention internationale permettant de faire progresser l’humanité. Voici les thématique qui permettent de comprendre quels sont les points de vue des gouvernements américains sur différentes problématiques qui nous semblent importantes en tant que Français .

Sur les droits sociaux

Les conventions sur l’organisation internationale du travail ont été très peu ratifié par les états unis. L’OIT est une agence spécialisée des Nations Unies. Bien qu’elle n’ait aucun pouvoir (contrairement à l’OMC) elle permet de donner une idée sur le degrés d’engagement concernant les protections sociales. Comme on peut le lire sur son site l’OIT « a pour vocation de promouvoir la justice sociale et les droits internationalement reconnus de la personne humaine et du travail. Elle remplit ainsi sa fonction première qui consiste à œuvrer en faveur de la paix sociale, condition essentielle à la prospérité(…) Sa mission est de promouvoir les droits au travail, favoriser la création d’emplois décents, améliorer la protection sociale et renforcer le dialogue social pour résoudre les problèmes liés au monde du travail. » [1]. On peut voir ci dessous une comparaison du niveau d’engagement entre la France et les Etats-Unis.

la France USA
Conventions ratifiées 124/189 Conventions ratifiées 14/189
Conventions fondamentales 8/8 Conventions fondamentales 2/8
Conventions de gouvernance 4/4 Conventions de gouvernance 1/4
Conventions techniques 112/177 Conventions techniques 11/177

Sur la conception des biens culturels

Le traité de la convention sur la diversité culturelle de l’UNESCO a été adopté en octobre 2005 à Paris durant la 33ème session de L’UNESCO par la France mais pas par les états unis[2]. On peut rappeler les raisons qui motivé la ratification de ce traité : « Elle a été adoptée parce que la communauté internationale a signalé l’urgence de mettre en œuvre une loi internationale qui pourrait reconnaître : La nature particulière des biens, services et activités culturels comme porteurs d’identités, de valeurs et de sens. Que même si les biens, les services et les activités culturels ont une importante valeur économique, ils ne sont pas des marchandises ou des biens de consommation qui peuvent être considérés seulement comme des objets de commerce. ». On se demande quelle conception les états unis ont des biens culturels et comment elle compte s’associer avec la France dans le cadre du grand marché transatlantique.

Sur la diversité biologique (CDB)

La Convention sur la diversité biologique (CDB) est un traité international adopté lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, Son objectif est de développer des stratégies nationales pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. La France l’a ratifier et a ainsi cherché à s’engager dans la lutte pour la préservation des espèces et de l’environnement. Comme on peut le voir sur le site de l’organisation les états unis n’ont jamais signé le traité . Cette absence montre clairement qu’ils préfèrent laisser leurs industriels détruire pleinement leur environnement au profit d’intérêts privés. [3]

le changement climatique

Le protocole de Kyoto est un traité international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il fut ratifié le 29 avril 1998 par la France . ce protocole visait à réduire, entre 2008 et 2012, d’au moins 5 % par rapport au niveau de 1990 les émissions de six gaz à effet de serre . Les états unis n’ont pas voulu le signer et ne figure pas sur la liste des parties . [4]

la Cour Pénale Internationale.

La France fait partie de la Cour Pénale Internationale depuis 2000. Les états unis refuse donc à cette juridiction permanente de juger les citoyens américains accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. On peut se demander pourquoi elle refuse que l’on juge ce type de personne. La Cour a tout de même permis de mettre en accusation des personnes non recommandables.

Sur les droits de l’homme

En ce qui concerne les droits de l’Homme. La liste des dictatures soutenues par les USA est longue en Amérique latine (chili) , en Espagne, en Grèce et au Portugal. Nous sommes bien conscient que l’on pourrait faire une liste pour la France mais qui semble moins importantes. Les états unis soutiennent encore actuellement des dictatures telles que La Guinée Equatoriale [5]. Dans son rapport intitulé « Les violations des droits de l’homme en Arabie saoudite : un silence assourdissant », Humain Right Watch critique l’indifférence des Etats-Unis quant aux violations des droits de l’homme dans un pays considéré comme un précieux allié. [6] Dans son ouvrage, De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, Noam Chomsky dénonce une stratégie étasunienne qui ne répond qu’à ses intérêts nationaux et qui sa tendance à soutenir des États en guerre contre leurs voisins (l’Irak contre l’Iran), des dictatures (l’Indonésie du général Suharto).La pratique de la torture et la détention arbitraire à Guantanamo est toujours d’actualité , l’usage accentué des drones et des assassinats ciblés au Pakistan, au Yémen et en Somalie, le maintien d’un contingent en Afghanistan, le soutien renouvelé à Israël lors de son intervention à Gaza à l’été 2014. [7]La peine de mort est toujours d’actualité. En 2014, Trente personne ont été assassinée par un gouvernement démocratique. [8]

Sur la vente libre des armes

Avec quatre millions d’adhérents et 11 000 instructeurs, la NRA est devenue l’un des plus puissants lobbies capables d’influencer la politique américaine. elle a réussi à imposer l’idée que la détention et le port d’arme est une liberté fondamentale, garantie par le second amendement, mais aussi un acte citoyen. Et, depuis une vingtaine d’années, elle a réussi à bloquer toute initiative destinée à durcir la législation sur les armes à feu. Elle ne cesse de soutenir financièrement les campagnes et ainsi se tisse des réseaux dans les gouvernements.

Le financements des partis.

En 2010, la Cour suprême des Etats-Unis a levé l’interdiction faite aux entreprises privées de financer des publicités et des actions en faveur ou en défaveur d’un candidat .Depuis, les sommes dépensées lors des élections atteignent des sommets : le coût de l’actuelle course à la Maison Blanche entre M. Barack Obama et M. Willard Mitt Romney a ainsi dépassé les 2,5 milliards de dollars. Ce chiffre record peut être comparé aux 74,2 millions d’euros déboursés par l’ensemble des dix candidats à l’élection présidentielle française du printemps 2012.

les services publicsEn ce qui concerne les services publics et la sécurité sociale . Les états unis ont pratiquement poussé à l’extrême la privatisation de ce que l’on considère comme un service collectif.

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[1] http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/mission-and-objectives/lang–fr/index.htm

[2]   liste des conventions ratifiées par les USA : http://www.unesco.org/new/fr/unesco/worldwide/europe-and-north-america/united-states-of-america/

[4] http://unfccc.int/kyoto_protocol/status_of_ratification/items/2613.php

[5] Voir le blog Lorraine Millot

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/05/il-reste-des-dictateurs-soutenus-par-les-etats-unis.html

[6] Naïm M., En Arabie saoudite, trois personnes ont été décapitées pour homosexualité, in Le Monde, vendredi 4 janvier 2002

[7] http://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/GRESH/50885

[8] http://www.peinedemort.org/National/Etats-Unis/executions.php?annee=2014

Petite histoire à raconter à nos enfants : « La France trente ans après TAFTA »

Voici une journée banale d’un Français en 2044. le conseil des ministres a ratifié dans le silence le plus complet , en plein moi d’Août 2017 un traité que l’on appelait Tafta. Pierre est un citoyen français de 33 ans. Il ne connaît pas du tout les accords votés il y a déjà quarante ans. Pour lui c’est de l’histoire et ce type de connaissance il le laisse aux experts. Pierre se lève pour aller chez le médecin. Celui-ci lui fait payer 50 euros. L’accès au soin a été uniformisé avec le système américain et heureusement qu’il arrive à payer sa mutuelle qui lui coûte 400 euros par mois. Le médecin lui prescrit une longue ordonnance alors qu’il n’a qu’un simple rhume. Il se demande pourquoi il doit prendre tant de médicaments parfois il se demande si son médecin n’a pas des intérêts dans les prescriptions . Il se rend à la pharmacie, il doit payer 75 euros de médicaments, il demande les génériques mais la pharmacienne lui dit qu’ils ont été interdit par une société américaine. Il lui demande pourquoi les médicaments ne sont pas remboursés. Elle lui répond «  l’ état a été attaqué par une mutuelle américaine parce que la sécurité sociale constitué une concurrence déloyale. L’état a été obligé par le tribunal d’arbitrage de payé des centaines de millions de dollar de dommage ou de supprimer la sécu. Il rentre chez lui pour conduire ses enfants à l’école. son école lui rappel qu’il n’a pas payé les 300 euros mensuel.  » l’état n’ a plus le droit de rendre gratuit la scolarité car cela rentre aussi dans la clause de l’omc de la concurrence déloyale » lui rappel le directeur de l’école. Il découvre une nouvelle institutrice car l’ancienne s’est fait licencier parcequ’elle avait été trop absente pour « manifester » contre les réformes. Il fait ses courses   et constate que les produits agricoles les moins chers sont tous américains.  Il achète à prix cassé du maïs OGM, du bœuf traité aux hormones de croissance, des poulets chlorés, des carcasses traitées à l’acide lactique, des porcs traités à la ractopamine. Il demande si c’est sûre pour sa santé. On lui réponde que « les preuves scientifiques européennes ont été jugée insuffisantes par les industriels américains ils ont porté plainte et ont gagné ». Il cherche des fromages au lait crus mais on lui dit que c’est interdit depuis qu’il y a eu les lois d’uniformisation des règles. Il cherche dans le rayon des vins un bon Bordeaux mais il ne trouve que des Bordeaux Californiens à prix accessibles pour son pouvoir d’achat. Il demande pourquoi il n’est plus marqué la provenance et la constitution du produit comme avant sur l’étiquette au chef de rayon. Celui -ci lui dit que ça a été considéré comme un obstacle technique par les entreprises américaines et que maintenant nous nous sommes alignés sur les normes américaines. Il se rend au tabac et se rend compte qu’il n’y a plus de mention « fumer tue » , le buraliste lui répond sans cacher sa satisfaction que La norme en vigueur a été considérée comme un obstacle excessif à la libre concurrence et Philip Morris a réussi par le biais de l’arbitrage de la faire enlever. « On en avait marre de ses freins stupide » poursuit-il. Il rentre chez lui, se remplit un verre d’eau du robinet et se rend compte que l’eau à un goût étrange depuis que l’état n’a pu empêcher Chesapeake de s’installer dans le coin pour extraire le gaz de schiste. Il se souvient que l’eau du service public était quand même meilleur que celle du réseau privatisé. En regardant la télévision, il apprend que le   mécanisme de règlement des différends investisseur/états a condamné le gouvernement   à payer 26 millions d’euros de dommage   à Monsanto qui contestait les législations et les réglementations votées par le parlement en vue de protéger la santé et l’environnement. Il décide de consulter les horaires des séances d’un film français indépendant qui avait l’air bien mais renonce quand il voit que la seule séance est à minuit et que le cinéma d’art et essai de sa ville a fermé. Il renonce à faire 50 km pour voir ce film. Pierre n’aime pas le cinéma américain et or depuis dix ans les grands complexes ne proposent que des blockbuster. Il se dit que il irait bien au théâtre, mais c’est un peu pareil, depuis que le théâtre a été racheté par le Disney Theatrical Group il trouve que les pièces sont de moins bonne qualité. Il se demande pourquoi il fait si doux alors que l’on est en décembre. Il scrute le thermomètre qui affiche ses 23°. Il trouve tout ça très agréable mais reste un peu circonspect.