Réflexions générales sur le capitalisme.

Arte diffuse une très bonne série tous les mardi permettant de faire le point sur cet étrange objet d’étude qu’est le capitalisme .Il nous semble intéressant de mettre un peu les mains dans le cambouis et de se poser la question de savoir ce qu’est ce machin un peu absurde qui casse tous les dix ans mais que l’on ne cesse de nous faire passer comme le seul mode de fonctionnement de la machine humaine.Le capitalisme est une idéologie que l’on nous impose comme naturel et scientifique. On nous propose le package prêt à l’emploi. Cela fonctionne un peu à la manière d’un produit Apple  ; c’est beau à l’extérieur ça à l’air de bien marché mais on fait tout pour empêcher de voir comment ça fonctionne à l’intérieure. 

Le capitalisme est un système que l’on veut nous faire passer pour le seul et unique mode de fonctionnement de la société humaine. Déjà on peut se demander de quel droit il ose s’imposer comme garant universel du fonctionnement des sociétés humaines. L’élection d’Evo Morales donne un coup de souffle à toute pensée alternative car il est pratiquement impossible aujourd’hui de dire que le projet de morales n’ a pas su produire de meilleur condition de vie et de bien être. Peut on se baser sur un système basé sur l’accumulation égoïste, individuel et la destruction produite au sein de crises spéculatives répétées et considérées comme nécessaires.On peut se demander comme Marx dans ses carnets de 1848 si la pensée économique classique d’Adam Smith entre autre ne serait pas l’émergence théorique d’un ensemble de pratiques issues d’une partie de la société occidentale. Ainsi les gouvernements ne feraient qu’appliquer des politiques économiques pour satisfaire des intérêts concrets , pratiques et directement en accords avec les forces mises en œuvres par des lobbys industriels. La pensée économique serait alors qu’une surface émergée d’un ensemble de pratique et en quelque sorte une mise au propre théorique permettant d’assurant un meilleur rendement. La science économique proposerait alors des modèles permettant d’optimiser les régimes et les pratiques d’accumulation d’une catégorie de la population occidentale. C’est ce que nous dit l’économiste Robert Boyer « Ce sont les acteurs qui inventent les institutions du capitalisme et Adam Smith est une lointaine justification de ce mécanisme là dans le domaine des idées. »[1]  . L’économie peut elle s’affirmer comme une science de l’homme. Voire comme une science alors que ses arguments sont infondés[2]. La raison , la science et les structures sociales forment l’architecture de la vérité.

Les présupposés faux du capitalisme :

Ce n’est pas le troc qui est à la base de l’échange mais une forme de don basé sur la confiance. A l’origine on retrouve le phénomène de la réciprocité à la base de l’échange. C’est un système qui fonctionne au sein d’un groupe et qui consiste à offrir et à donner à mon cercle de relation mes biens en attendant que l’autre puisse me donner en retour. Ainsi mon prochain n’est pas forcement en mesure de me rendre tout de suite la monnaie de ma pièce mais moi aussi un jour je pourrai être dans cette situation, ce n’est pas grave. Je lui fait confiance alors je n’hésite pas à lui offrir (ou prêter) car je suis sûr qu’il fera de même quand je serai dans le besoin. Cette forme d’échange se distingue du crédit car elle il n’y a pas de la part du prêteur une création monétaire mais un véritable partage de sa richesse.

Le système occidental a basé sa domination sur sa capacité à produire des crédits

La naissance du capitalisme n’a rien à voir avec les théories économiques mais est issue de pratique qui remonte au 16ème siècle. Le fait de produire de façon massive de l’argent virtuel a permis aux banquiers Occidentaux de prêter d’énormes sommes à des entrepreneurs privés. Le fait que ces derniers soient endettés jusqu’au cou explique leur recherche de profits immédiats et cela de toute les manières possibles ( esclavage, vol). Cortes lui même expliquait qu’ils avaient une maladie que seul l’or pouvait sauver Au 16ème siècle en Grande Bretagne, la forte demande de laine en Espagne va produire le désir des propriétaires terriens, seigneurs, bourgeois de s’accaparer un maximum de terre pour maximiser les rendements  en chassant les paysans. le système des enclosure lié au désir de faire respecter le droit à la terre. Une masse de travailleur corvéable à loisir était prête pour l’esclavage.. D’autres part, Les plantations du nouveau monde étaient les premières exploitations productives, auparavant ils pillaient, marchandaient. Le travail était forcé, mais ces productions de canne à sucre étaient faites pour l’optimisation des profits.

Adam Smith était conscient des problèmes moraux que soulevait la division du travail :

« dans les progrès apportés par la division du travail , la plupart des travailleurs se bornent à un très petit nombre d’opérations simples dont les effets sont peut être toujours les mêmes, ou presque les mêmes , l’ouvrier n’a alors aucune chance de développer son intelligence. » Adam smith , la richesse des nations

Adam Smith considéré l’intérêt personnel comme la force motrice de l’économie. Un système morale basé sur la conception que l’égoïsme peut être considéré comme de l’altruisme. Ainsi il y a l’idée que les acteurs gagnent toujours. L’individu est censé être tourné sur lui même. Il voulait faire abstraction du reste de la nature humaine et ne garder que la base de l’égoïsme comme substance première de l’homo economicus. Les économistes négligents les relations humaines. La sociologie et la psychologie humaine est une structure humaine première que l’on ne peut occulté. L’intérêt personnel à même était élevé au rand de philosophie morale occultant toute relation à l’autre au sein d’une société. [3] . Même Adam Smith avait cherché à équilibrer le caractère immoral de son ouvrage. Aujourd’hui de ses thèses on a retenue qu’une valorisation de l’avidité, du gain individuel. Peut on considérer la doctrine de l’intérêt personnel comme un socle scientifique au même titre que la gravitation pour la physique ? La réponse est élémentaire. Il n’est pas possible de se baser sur des présupposés aussi peu fiable. Les économistes ont tendance à considérer comme irrationnel des éléments qui caractérise purement et simplement la nature humaine. L’homo economicus ,, acteur de la théorie néo-classique est un robot pratique pour élaborer une modélisation mais qui doit rester un jeu intellectuelle . Le problème est que les gouvernements prennent ce type de jeu pour de la science effective.

L’efficience des marchés est une interprétation fausse d’Adam Smith. 

L’idée de main invisible n’a été écrite qu’une seule fois dans son texte « s’inquiétait à l’idée que s’il y avait de libres mouvement de capitaux et une liberté d’importation l’Angleterre en souffrirait parce que les capitalistes britanniques investirait et importerait à l’étranger causant du tort à l’économie nationale , son argument était que les investisseurs anglais préfèreraient investir en Angleterre avec un préjugé en faveur du marché intérieur et donc comme par une main invisible l’angleterre serait sauvé de la menace des mouvements de capitaux et de la libre importation » On est donc très loin d’un appel à la dérégulation, et une ouverture au libre échange. Ça n’a rien à voir avec l’exploitation de salariés qui n’ont aucun droits sociaux.

***

Depuis une trentaine d’année , on a  cherché par tout les moyens à réduire les possibilité de l’état en incitant à laisser les agents s’auto organiser. Alan greenspan était un fervent défenseur de cette structure intellectuel du marché libre basé sur version décontextualisé de « la main invisible ». Ainsi on peut laisser les marchés faire librement, alors on enlève les lois et tout ira mieux. Les enfants pourront être exploités, on revient à l’esclavage. Tout le monde s’accorde pour dire que la société , l’état doit instaurer des régulations, refuser des pratiques au nom de l’intérêt général. Le cadre réglementaire permet de contrôler les marchés un temps soit peu , c’est une sorte de garde fou . Ce sont les valeurs humaines de la société qui régulent les marchés fous qui s’il le pouvait n’hésiteraient pas à réhabiliter l’esclavage pour se faire plus de profit. Amo a su critiquer le problème d’une science qui ne prend pas en compte les réalités humaines et les conséquences sur le bien être et la dignité. Les chiffres ne peuvent pas faire lois quand il s’agit de souffrance, d’écologie et dignité humaine et animale. On ne peut continuer à raisonner de façon neutre en terme de perte et de profit. On ne peut pas oublier que l’on a affaire à des êtres vivants. Les questions de justices sociales, d’équité et la cohésion du tissu sociale doivent se poser avant toute réflexion économique. La dimension éthique et morale du progrès doit s’imposer sur les logiques individualistes de l’économie de marché ;

[1] Cité dans le documentaire capitalisme difusée le 14/10/14 sur arte.

[2] Voir Steve Keen : l’imposture économique « Le professeur de l’université Kingston à Londres, où il dirige le département Economie, histoire et politique, nous explique comment des hypothèses arbitraires et contradictoires donnent naissance à des lois fausses, lesquelles ne sont pas remises en question sauf pour tenter d’en corriger à la marge les résultats. »

Cf. article du monde http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/09/10/a-l-origine-de-la-crise-des-idees-fausses_4484882_3234.html

[3] Cf. la philosophie morale d’Ain Rand qui a largement inspiré Friedman et Greenspan

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